SOS Connerie

couverture SOS Connerie

Mai 2017… C’est parait-il toujours d’actualité…

 Avertissement de l’Auteur:

Pour les impatients qui choisiraient de lire ce feuilleton parfois un peu « barré » sans mode d’emploi, sachez que vouloir sauter des pages constituerait une primo-connerie.

Dédicace :

Je dédie ces quelques pages à tous ceux qui passent leur temps sans exister autrement qu’au travers d’opinions aussi volatiles que versatiles, également dites « opinions à la con », car sans la moindre étincelle de pertinence.

Remerciements :

Je remercie ma vanité et mon orgueil. Sans leur omniprésence, jamais je n’aurais pu me vautrer dans cette suffisance absolue qui caractérise l’ADN du crétinisme chimiquement pur.

Pourquoi ce recueil ?

     Entre 2010 et 2011, Stéphane Hessel, militant reconnu et humaniste mondialement plébiscité, délivrait à l’humanité trois messages rappelant sans équivoque le sens de l’existence :

« Indignez-vous ! » – « Engagez-vous ! »  – et « Le chemin de l’espérance ».

    Au-delà des millions d’exemplaires traduits et distribués autour du globe – ce qu’un fâcheux anglicisme colonisateur définit par le mot  buzz – qu’en reste-t-il aujourd’hui, et, de manière plus pragmatique, quels enseignements, nous, homos sapiens à front bas, en avons-nous tirés ?  

La réponse est simple : rien !

    Pascal écrivait peu ou prou qu’une passion ou un mal cesse de l’être quand on en identifie la cause . Un adage philosophiquement accessible, mais rendu inopérant par une population mondiale en expansion et génétiquement non encore modifiée, celle des CONS !  Peut-être était-ce déjà là une des raisons au grand dilemme qui déchirait notre philosophe et mathématicien, entre science et croyance.

     Trois siècles plus tard, Einstein constatait avec toute la lucidité d’un immense savant, qu’au vingtième siècle, il était plus facile de fracturer un atome qu’un préjugé. Nous sommes en 2016, le paradoxe s’est-il fossilisé ?…

     Ne nous en déplaise, force est de constater que si la connaissance scientifique permet à ce jour de disséquer la structure intime de la matière, elle se révèle plutôt inapte à décortiquer celle des crétins. Pour autant, sachons reconnaître que certains illusionnistes savent manipuler l’une et l’autre avec une effrayante dextérité… mais bon… cet aspect « fonds de commerce pour prévaricateurs irresponsables », nous l’aborderons plus loin.

         Les prophéties les plus fallacieuses obtenant aujourd’hui facilement leur permis de séjour médiatique, il n’est pas absurde d’y assortir une prédiction conditionnelle d’apocalypse, version septième art.

     Warning : au vingt et unième siècle, si les dirigeants du G20, du FMI et de la banque mondiale ne s’accordent pas à financer un ambitieux programme de lutte contre la pandémie la plus dévastatrice de tous les temps – la CONNERIE – alors, les générations futures construiront le monde tel que George Miller l’avait projeté en 1980 dans son must cinématographique, « Mad Max ».

     Tout ceci pour dire quoi ? Que Stéphane Hessel avait de toute évidence sous-estimé l’inertie considérable des cons à changer leur manière de penser et d’agir. Certains pessimistes m’objecteront : «Non, plutôt leur capacité à en assimiler la nécessité, que leur aptitude à violer l’apathie qui les en empêche».

     Chipoter la syntaxe étant par nature l’un des syndromes propres à la connerie made in France, vous appréhendez d’ores et déjà avec quelle célérité nous serons très rapidement immergés au cœur du problème…

     Donc, avant de se prétendre thérapeute averti, je vous propose déjà d’identifier les aspects symptomatiques de la connerie sous toutes ses formes, puis de les répertorier par nature et par objet. Par la suite nous essaierons d’établir une classification ethnologique de ses vecteurs de contamination, pris isolément, mais aussi organisés en meutes, voire en véritable système de destruction massive.

     Avant de vous soumettre cette lecture, je vous propose une petite préface didactique précisant la terminologie ad hoc.

Préface didactique :

Pour bien assimiler ce qui va suivre, il est essentiel de distinguer trois notions :

  • Celle de Connerie informelle ou immatérielle: au départ il s’agit d’une idée, toujours subjective, parfois subversive, et qui circule, se partage avec d’autres, se fragmente, se dénature et s’étend… (un peu comme une fuite d’eau ou un incendie – Ah oui ! Etrange paradoxe de notre sémantique : c’est souvent quand ils sont noyés dans la connerie que les hommes mettent le feu aux situations).
  • Celle de Connerie formelle ou avérée: il s’agit là d’une action effective dont les effets confinent très souvent à ceux d’un tsunami social dévastateur. Elle définit généralement la cote d’alerte au-delà de laquelle la connerie informelle représente un danger patent pour la collectivité… (comme si le plombier n’intervenait que trois semaines après pour colmater la fuite, idem pour le pompier de service en RTT).
  • Celle du Con lui-même : lequel est une personne physique déjà contaminée par au moins une des deux conneries définies précédemment, d’où l’expression, « qu’est-ce qu’il ou elle trimbale » !

     Pour ceux qui, mesurant encore leur QI avec un thermomètre rectal à mercure, n’auraient pas saisi ces nuances, nous dirons que la Connerie est assimilable à un stade pathologique, et le Con à son vecteur de contamination… Ouf !

Définitions préalables et postulats :

      La Connerie englobant des notions aussi variées que les domaines où elle sévit, il est de facto impossible de lui attribuer une définition ou un cadre précis. Tout au plus un domaine générique dont les axes de références correspondent à ses quatre synonymes tels que définis dans le Robert : imbécilité, absurdité, ineptie, et bêtise.

     Il ne vous a pas échappé qu’à ce stade du texte nous sommes déjà en 4D, c’est dire la portée galactique du projet que nous abordons. « Recherchons hommes ou femmes de challenge pour finaliser business plan ambitieux !…» Et boum, encore deux de ces anglicismes subliminaux, histoire de nous rappeler que dans une économie globalisée l’efficience ne se formule qu’à l’anglo-saxonne… « No comments ! »

     Au plan étymologique, il est par contre plus aisé d’appréhender une définition du Con en partant de deux évaluations.

La première est celle de son modèle de base et de ses cinq déclinaisons phares : petit – grand – vrai – sale – pauvre.

     Petite parenthèse issue de quelques années d’expériences en coaching organisationnel, mais qui aidera à distinguer ces cinq déclinaisons.

    [Dans le business, la négligence s’inscrit au patrimoine du vrai con, la malhonnêteté dans celui du sale con, la perversité dans celui du petit con, le défaitisme dans celui du pauvre con, et le narcissisme dans celui du grand con.

     Les cinq à la fois constituent une bombe à fragmentation qui pulvérise toute perspective de progrès et de cohésion sociale.

  • La négligence parce qu’elle rend l’organisation inefficace,
  • La malhonnêteté parce qu’elle ruine la confiance,
  • La perversité parce qu’elle démolit le lien social,
  • Le défaitisme parce qu’il rend le groupe vulnérable]

La seconde est celle de l’étendue des dégâts qu’il engendre directement ou indirectement par ses actions, ses dires ou encore ses postures. Ces dégâts s’entendent toutes natures confondues : psychologiques, sociaux, économiques, ou encore environnementaux, ethniques et religieux, etc… En bref, tout ce qui fait que nous cohabitons avec plus ou moins de bonheur en société. Là, nous imaginons sans peine que c’est pas gagné non plus… mais bon

     Jusqu’ici, rien de passionnant me direz-vous. Ce n’est ni un scoop, (cinq-zéro pour Shakespeare)…  ni inintelligible pour celui qui connaît à minima les 42 lettres de l’alphabet, tous graphèmes, ligatures et accentuations inclus, of course… (six à zéro).

     Vous avez raison, mais !… Vertu de l’exemple oblige.

     Pour ceux qui ont mesuré 37º2 sur leur QI-mètre sans options, je précise que les lignes suivantes relèvent d’une simple hypothèse de fiction. Il est donc parfaitement inutile et complètement saugrenu de commencer à déballer fébrilement votre panoplie de militant contestataire du « Tout & Grand n’importe quoi ».

   Chers lecteurs, je suis désolé pour tous ces préalables pusillanimes, mais notre jurisprudence contemporaine ouvrant quotidiennement le champ aux contentieux les plus absurdes et improbables, je choisi de toujours anticiper. Revenons-en à l’imaginaire. Next page, c’est parti !

Petite simulation didactique de mise en jambe :

     Représentez-vous un ministre enrhumé, tout juste démis de son mandat pour présomption de fraude fiscale, qui éternue à plusieurs reprises en pleine commission d’enquête, et ça devant un journaliste à deux doigts de se faire virer du canard de troisième zone qui l’emploie, au seul motif de son inconsistance éditoriale.

    Reconnaissez qu’au plan des faits réels et du concours de circonstances, nous sommes là dans le domaine d’événements tristement banals, chacun pouvant a priori être instruit avec sobriété par des institutions compétentes. Que nenni !

    Quarante-huit heures plus tard, grâce au prosélytisme d’un éditorialiste shooté aux anabolisants, notre ex-ministre apprend par voie de presse qu’il est aussi suspecté d’avoir clandestinement introduit en France le virus de la grippe aviaire après son séjour singapourien…

    Illico intronisé Monseigneur de la Prévention, le ministre de la santé, (primo-bénéficiaire de cette information sanitaire par SMS à trois plombe du mat’), annonce dans la matinale de « Radio-Crétin » trois mesures préventives d’exception : le retrait de 500.000 poulets des rayonnages de la grande distribution, la vaccination de tous les salariés du secteur aviaire, et la fermeture provisoire des écoles primaires de l’arrondissement ou réside le ministre.

   Dans le même temps, les apôtres de Bercy, (récipiendaires radiophoniques de cette décision de première bourre), saucissonnent déjà un pré-budget d’indemnisation en faveur des consommateurs privés de poulets. Budget, précise-t-on, exclusivement alloué à la décontamination de leurs réfrigérateurs.

    Tout scandale ayant une propension naturelle aux métastases, une association caritative en guerre contre la maltraitance ornithologique, (et surtout au bord du dépôt de bilan…), saisit en première instance l’opportunité… et en seconde le Parquet, d’une plainte pour sévices animalières perpétrées par un représentant de l’Etat sur des bêtes à plumes.

    Toute métastase politique générant un fonds de commerce électoral spontané, (mais si ! merde !… Vous savez bien quoi… le berceau des clientélismes les plus pervers… c’est tous les jours à la garderie du palais Bourbon !)… qu’est-ce que j’écrivais ? ah oui !…

    Bilan de ces liaisons dangereuses,  nous entrons maintenant dans la phase dite entropique de cette tartufferie déconnante – (nous reviendrons plus tard sur la dérive terminologique de cet attribut).

    Plusieurs partis d’opposition rebondissent donc séance tenante sur cette scénographie médiatique devenue incontrôlable. Organisés pour l’occasion en obédience labellisée « Anti-Cons », leurs chefs de file s’emploient à massacrer avec véhémence la majorité en place. Motif ? L’instauration d’une fiscalité galopante uniquement destinée à réparer la « Méga-connerie » d’un élu-fraudeur ayant découché avec une poule… Hein ?… Mais non, je vous parle de la femelle du poulet, pas d’une escort-girl… comment ça, quel poulet ?… Mais non, pas un flic… une volaille, avec des vraies plumes, et qui pond des oeufs !… Oh lala… 37º2 c’est lourd à porter !

    Bon enfin bref… après délibérations houleuses des différents organes de partis, une manifestation est enfin planifiée au bénéfice du contribuable surtaxé montrant des signes d’addiction au poulet.

    Malheureusement, à date, une pluie diluvienne combinée à la rediffusion impromptue de « Secret Story » n’ayant apporté aucune condition favorable pour une quelconque mobilisation, le meeting « Anti-Cons pour Tous » se solde par un flop complet.

    Toutefois, histoire de ne pas mourir idiot, joignons-nous furtivement aux rares manifestants.

     – … Putain, on va crever avec cette bande de glands !

     – Tu parles des poulets ou des branques qui nous gouvernent ?

     – Non, des impôts.

     – M’en fous, j’raque pas.

     – C’est quoi c’t’embrouille ? tu frimes en Béhème et tu craches pas au bassinet !

     – Ben non tête de nœud, je crèche à Zurich.

     – Ah !… Et y viennent d’où les poulets là-bas ?

     – De la brigade financière.

     – Hein !… Y z’ont la grippe en Bavière ?

     – C’est bon là Ducon, laisse béton…

     – Oh là ! Comment tu me parles, bouffon de ta race !…

     Je vous laisse extrapoler le dialogue et en soumettre une copie à Boileau, Chateaubriand, Fontenelle et consort… Et n’oubliez pas de leur joindre une version 5.0 du dico d’Emile Littré, faute de quoi vous donnerez proverbialement raison à Fontenelle, académicien centenaire ayant conclu son existence par cette magistrale maxime : « La littérature mène à tout, à condition d’en sortir ».

    Ce dernier paragraphe n’avait pour unique objectif que celui d’illustrer l’extraordinaire pouvoir de diversion possédé par une catégorie spécifique de cons : les pseudo-érudits, ceux qui biberonnent quotidiennement Wikipédia… Très graves aussi… nous en ferons une radioscopie plus tard. Vous m’auriez laissé continuer sur ce terrain, deux-cents pages plus loin je vous aurais certifié la filiation intergénérationnelle entre Aristote et Largo Winch… au moins aussi glamour que le Loft de la rue du Cirque ? (Toute ressemblance avec une situation bavée par les médias, etc…)

     Mais revenons-en à nos deux académiciens de trottoir qui, le temps de vous écrire cette ânerie sibylline sur notre gouvernance bien aimée, ont largement dépassé le stade des invectives socio-ethniques, et en sont donc inéluctablement venus aux poings.

    Manque de bol, la connerie ayant aussi ses catalyseurs circonstanciels, un gogolito cyber-désœuvré de service, en perdition sur les lieux, toutes phalanges greffées sur son iPhone 7S 128G avec salle de bain, choisit connement d’inaugurer ce condensé de technologie en filmant le pugilat.

    Seconde circonstance aussi fortuite que potentiellement nauséabonde, la rixe, qui a maintenant désinhibé un large public en manque de sensations guerrières, se trouve dans le même champ visuel qu’un établissement  religieux situé en arrière-plan de cette castagne entre intellectuels de broussailles.

    Pour faire court, je shunte la baston et l’intervention musclée des barbouzes casqués… Deux heures plus tard, une dizaine de quidams sont en garde à vue. Notre cinéaste désœuvré, pétard en lévitation au bord des lèvres et pancréas suroxydé au Red Bull, a déjà tout balancé sur Facebook. YouTube a collé le iCloud en surchauffe. Les éditos câblés sont à la ramasse, et plusieurs élus s’activent au maquillage tout en peaufinant la logorrhée de conneries ambigües et millésimées qu’ils vont déverser dans divers tabloïds subventionnés.

    Le lendemain matin, vous comme moi, six heures trente, cuillère de céréales au lait de soja à la main, thé Sencha infusé à 75ºC, tympans syntonisés sur Radio-Crétin, nous suivons la première étape d’une contamination informative programmée.

    « … désignation d’une commission parlementaire Théodule numéro 145, laquelle statuera sur les conditions à mettre en œuvre pour endiguer la vague d’incivilités qui frappe notre pays, et installe un climat d’intolérance entre les différentes confessions religieuses hébergées par notre laïcité bien-pensante… patati patata… si tu comprends pas, va faire caca… ton neurone se réinitialisera… »

    Etant donné que dans les vingt-quatre heures suivantes, le flux de l’actualité mondiale aura saturé nos médias, donc nous-mêmes, de nouvelles contingences ouvrant le champ à une nuée d’hypothèses à la portée absconse… et bien, mes cocos… nous passerons à autre chose. « The show must go on ! » Ça commence à faire un sacré score pour Shakespeare cette histoire…

    Mais c’est bien là que se profile le vrai danger. Oui là !… Oh rassurez-vous, pas pour les cons amnésiques, ceux-là suivront le flux entrant des événements, cortex en position « Off ». Petit rappel pour ceux d’entre vous qui auraient boycotté la dédicace de la page de garde : je faisais ici référence à cette catégorie d’ahuris hors concours qui éprouvent une délectation spontanée mais permanente à passer à côté d’eux-mêmes.

    Non, je veux plutôt parler des cons à mémoire fortement développée, (c’est-à-dire avec au moins 500 Gigas de ROM – Roupille Only Memory, mais dont le système d’exploitation est en berne).    Contre toute attente, cette espèce féconde et très particulière va se livrer à un exercice d’interprétation de haute voltige consistant à relier aléatoirement tous les événements des deux derniers jours. Vous vous souvenez, ceux décrits dans ma simulation didactique. Et bien là, je vous garantis un absolu délire, voire un scénario catastrophe…

     D’ici là, tentez vous-même l’exercice, (zen mes enfants ! Le mimétisme n’implique pas la contagion… mais faite quand même gaffe au vertige, ma police d’assurance ne couvre pas vos chutes). Entrez virtuellement dans la tête d’un con – majeur et non déchu de son droit de vote – et employez-vous à établir toutes les relations de causes à effets entre la mésaventure de notre Ministre grippé au mauvais moment, au mauvais endroit, et la commission Théodule nº.145, (dont les conclusions ne seront jamais publiées au JO, je vous rappelle que ceci n’est qu’un exercice).

     Le plus improbable s’abonnant ici à la revue de tous les possibles – never forget ! – ne négligez donc aucun degré de liberté et ne vous laissez pas piéger par l’inertie de la réflexion. La connerie est un produit volatile fortement inflammable et à grande capacité d’expansion. La plupart des crétins le sait sans le comprendre, et maîtrise naturellement cette propriété socio-dynamique qui nous échappe.

***

     Je vous propose une simulation commentée de ce premier exercice. Reprenons cette thèse absurde là où je l’ai laissée…

     Nous sommes maintenant quelque part dans l’amphithéâtre de la Conosphère, sortie métro « porte de Pantin ». (Pour la conférence sur la preuve de l’existence de la connerie par la contingence du lieu, vous vous tromper de date, ce thème sera abordé dans une autre séance).

Seconde séance.

Feuille de présence attestant :

  • 250 élèves-lecteurs, tous candidats au Master-Con,
  • et ma pomme, Docteur « has been», et Professeur désagrégé par trente années de panurgisme cérébral.

      –  Je vous en prie, jeunes gens, asseyez-vous, nous allons procéder à la correction de vos devoirs téléchargés.

     A ce stade, que révèle ou confirme déjà une telle entrée en matière de l’enseignant ? Qu’entre atavisme et pavlovisme, non seulement pépère est décalé complet, mais aussi que la probabilité d’une cécité naissante n’est pas à exclure. Tous, séants rivetés à leurs sièges bien avant l’invite, continuent en effet de caresser frénétiquement le pré carré d’écrans tactiles les protégeant du monde social, (oui, mon cher Vauban, ton mode d’urbanisme a fait son temps ! Et là, en l’absence de Louis XIV, Bill Gates de répondre : « dont acte »).

    Quelques naïfs, accros aux plus élémentaires mais ancestrales règles de bienséance, pourraient, l’espace d’un instant, tenter d’excuser cette indifférence grossière de l’auditoire envers leur instructeur en invoquant un scrupuleux Wiki-bachotage de dernière seconde ?… Pas du tout ! Ce serait fallacieux. Nous sommes bien là devant le stéréotype même d’aréopage composé de digital-sybarites en extase après leur overdose matinale de Sms et Apps.

     Perfusés par Google, c’est en complète hypnose qu’ils communient entre eux par webcams interposées.

    Vous lecteurs, qui aviez tous assimilé avec enthousiasme les remarquables travaux de  Claude Lévi-Strauss sur la structure du langage, vous aurait-il échappé que la prononciation française de « Google » consistait en une fidèle reproduction du mot Gogole ?… (Pas fondamentalement grave me direz-vous, à condition toutefois que vous appreniez enfin l’anglais, merde !… Comme quoi, apprendre une langue étrangère suffirait à pulvériser la thèse structuraliste d’un brillant anthropologue – il s’agit là d’une possible et téméraire contre-thèse, mais dans laquelle je ne soutiendrais toutefois pas le fada d’entre vous qui s’aventurerait à la démontrer).

     C’est donc dans une indifférence unanime que pépère va lui aussi « tactilographier » sa correction.

     Importante prémisse : il n’est pas anodin d’imaginer que ladite correction résulte d’un titanesque premier brainstorming à huis-clos, entre barons de l’Institut de Sciences Pathétiques, (Grosso-merdo, la députation dans son inconsistante capacité d’anticipation),  et experts en Sociologie Populaire, (Moins grosso mais tout aussi merdo, il s’agit d’élus amoraux parachutés en séminaire people, et qui partagent un quart de Gitane maïs avec un casting de SDF… toute similitude avec une quelconque élue ne relèverait que d’une erreur de manipulation des outils Photoshop… et cætera, ad libitum, à vos souhaits).

     Les enregistrements de ce brainstorming improvisé par un fédérateur coopté, (eu égard au milieu, on nomme ça « un dialogue de carriéristes malentendants »), ont dans un second temps fait l’objet d’un substantiel retraitement, (le choix du mot est volontaire), par une seconde rampe d’experts, alignant cette fois Portes-Casseroles politiques et puristes de la Cour de Castration.

    Oui, mes enfants, avant de s’exposer à la vindicte journalistique conjointement programmée, voire à l’Hydre de l’anarchie populaire, il convient de blinder la Com’ et le périmètre légal de l’inutile, (donc du coûteux et de l’inefficace).

     La correction proposée pages 19 & 20 est ainsi à considérer comme la version officielle d’une probable ineptie avérée. (Oui, c’est un non-sens étymologique, et alors ! Vous vous souvenez de quoi on parle, non ?!)

     Remarque : au fil des pages suivantes, je m’abstiendrai de toute nouvelle allusion caustique aux anglicismes qui jalonnent mon texte autant qu’ils saupoudrent l’expression française en général.

«  Non Monsieur Molière… il ne s’agit ni d’une démission stylistique, ni d’un acte terroriste contre le Bescherelle, mais plus concrètement de spéculation née d’un délit d’initié. En effet, mon séculaire vigile de clavier – le grand Robert Larousse – étant devenu la cible d’une OPA hostile perpétrée par un groupe éditorial d’outre-manche, je ne vais quand même pas prendre le risque d’euthanasier  prématurément la chance la plus anorexique soit-elle de me faire éditer… bordel de merde ! »

     Cet aveu un tantinet opportuniste, et simple écho d’un scoop boursier en attente de démenti, se réfère à ce qu’on appelle le principe de précaution dans une économie de marché.  Un principe judicieux dans ce qu’il a de civique, mais aujourd’hui souvent contrefait par une frétillante connerie, au point d’exproprier prématurément d’excellentes initiatives, (nous y viendrons dans la séance nº.5 / « Connerie & inhibition) ».

     Revenons-en, enfin !… au dit corrigé, version communiqué de presse de l’agence Roteur donné en pâture à la nation.

     «  LES  ENJEUX  DE  DEMAINpar Ella Gerbé et Lou Fok, chroniqueurs aux éditions du façonnage populaire.

     Après le frisson d’horreur qui a électrisé la capitale suite aux émeutes à caractère identitaire survenues lors de la manifestation « Anti-cons pour Tous », le parlement a immédiatement voté la nomination d’un Haut-Commissariat à l’intégration fiscale. Essentiellement composé de plénipotentiaires récupérés sur le chemin du Pôle-Emploi, et tous nommés par effraction démocratique, ses membres sont rapidement arrivés à une conclusion sans appel. L’apaisement social exigeant une moralisation de la vie politique, celle-ci passera par l’interdiction faites aux restaurateurs de proposer des ‘‘quenelles’’ élaborées à partir de poulets d’importation. L’assemblée nationale se réunira donc en séance plénière pour voter les dispositions requises. »

     Si c’est pas le degré zéro de l’information ça ! On frise l’homélie législative, là ! Je vous avais tendu la perche, souvenez-vous, « l’improbable qui s’abonne à la revue de tous les possibles ».

     Mettons mon délire en pause l’espace de quelques pages, et disséquons un peu.

     Comment et pourquoi la majorité des médias en vient-elle à faisander une telle doxa ? Le comment est assez simple ; en balançant à jet continu une nuée d’informations non ficelées, lesquelles sur-fertilisent le terreau des contradictions les plus obscènes, au point d’en asphyxier sa faune, c’est à dire nous.

     Le pourquoi nécessite au préalable de comprendre à qui profite ces amalgames gluants. Contrairement à l’idée reçue, politiques et médias s’en répartissent presque équitablement les bénéfices.

    D’abord les politiques. La médiocrité globale et constante de l’information de masse obscurcit la capacité de réflexion de la plupart des gens. Dans le même temps, les complices de cette médiocrité prospèrent eux aussi sans cesse. Prise en otage, c’est alors la pseudo-transparence elle-même, celle réclamé à cors et à cris par nos caciques du Pouvoir, qui se transforme en écran de fumée. Combien de dispositions ineptes, autant que d’arrangements iniques mais occultes, sont pris ou contractés dans l’opacité de ce brouillard ? Des wagons entiers ! C’est le jeu. C’est le business. Ce n’est en rien une affaire de parti plutôt qu’un autre. Les valeurs n’y sont plus que des slogans. Il faut enfumer à mort pour masquer ses déficiences et organiser son insolvabilité. Tout est bon pour souffler sur les braises de la connerie, y compris ressusciter les spectres eugénistes les plus abjectes. Là où culture et intuition seraient salvatrices, dans les faits on choisit de paupériser l’intellect et dézinguer le bon sens. L’ambition du pouvoir pour lui-même terrasse celle de la responsabilité. Au pays de la transgression, il n’y a plus rien de fécond, tout y devient acceptable, presque sans distinction, faute ou par mépris des repères. Les politiques sont gangrénés par la certitude des fous. Ils s’entre-tuent pour un parti au lieu de se battre pour leur pays. Là, ça commence à puer. Il est temps d’embaumer un peu tout ça non ? « Qu’est-ce qu’on a sous la main ?… »

    Ensuite les médias. Trop nombreux. Trop concurrents, Trop dépendant des marques qui les financent. Trop perfusés. Juridiquement trop protégés par la sacralisation négative d’une incontrôlable liberté éditoriale. Trop people. Trop imprécis. Trop Cassandre, presque inconséquents. Trop obsédés par leurs parts d’audience, de marché, etc. L’incomplet y devient la règle, l’insidieux une méthode, la délation un outil promotionnel. Peu importe la réponse apportée, l’important est de poser la question qui interpelle, qui tue, celle qui fait twitter ou bien vendre du papier. Poser une question, c’est déjà contredire. En poser mille, ça s’appelle foutre le bordel… pardon, faire le buzz. On y arrive, ça y est. C’est la bronca des effarouchés, la polka des indignés, la samba des associations, la salsa des laissés pour compte… Tous portés par une presse devenue acéphale qui nous la fait Chef d’orchestre. Celle qui parle à nos certitudes. Celle qui est devenue insupportable tout en ayant su se rendre indispensable. Celle qui répond à ses propres questions par des questions que nous ne nous posions pas. Celle qui excelle dans l’art de déstructurer les indécis au point de les résigner au radicalisme. Celle qui façonne une vulgarité dominante, qui invective, qui fabrique au lieu de rapporter, qui désinforme, qui cultive l’anxiété comme vertu cardinale. En bref, celle qui laissera les historiens se démerder avec les droits d’inventaire des cons qu’elle aura fabriqués.

     Un ami reporter, (comme quoi ce réquisitoire ne m’empêche pas d’avoir des potes dans le sérail), m’a un jour dit que « les journalistes pouvaient quelques fois utiliser le mensonge pour faire émerger la vérité, alors que les politiciens c’était toujours pour la cacher ». Lorsque je lui ai répondu « qu’on ne sortait généralement de cette forme d’ambiguïté qu’à son détriment », il m’a fait cette réponse qui m’a assis : « la vérité, on s’en fout, elle n’est ni absolue ni définitive. Seules les opportunités prévalent, et prendre le risque d’insulter le futur n’est pas un problème en soi ». Cette réponse m’a giflé. Non par sa teneur qui dans le monde de la finance résume un triste poncif, mais plutôt par le fait que ce soit un journaliste qui se l’approprie pour requalifier l’éthique d’un métier. C’était en 2007, je rentrais du Myanmar, (ex-Birmanie), où, expatrié, j’avais effectué une mission de quatre ans pour compte d’un fonds d’investissement international. Revenant tout juste d’un pays alors pleinement soumis à un despotisme médiéval, mais où le rapport à l’autre restait malgré tout d’une exceptionnelle richesse, pour le coup, je reprenais brutalement conscience de nos inepties occidentales d’enfants gâtés, complètement décalés et en orbite autour du verbe avoir.

     Chirac allait perdre les élections. Dans une société déjà bien partie en vrille, en dix ans la tumeur des subprimes avait préformé un gigantesque cratère, bouillonnant de faillites au bord de l’irruption. Tous les faux-culs responsables indignes de cet attribut appréhendaient le scénario depuis des lustres. La finance mondiale, copieusement gangrénée depuis deux décennies par un florilège de produits toxiques, ne concevait qu’une seule voie pour égoïstement préserver la santé de ses propres chapelles : celle de prophétiser une contagion planétaire multipliant les charniers sociaux. La peur tétanise la plupart des cons en même temps qu’elle déchaîne les plus détestables cupidités.

     Lobbys financiers et groupes de presse majeurs étant liés par une communauté de capitaux, les médias samouraïs ont alors amorcé une campagne d’informations faussement chirurgicale, en deux temps, et destinée à d’abord faire admettre l’invraisemblable avéré, puis à vendre l’inacceptable programmé. A savoir que de l’argent public allait être massivement levé pour renflouer celles-là même qui avait ruiné des millions de gens, les banques privées. En version courte : le contribuable était astreint à refinancer son voleur pour qu’il réitère son larcin.

     Bien que nombre d’internautes avertis se soient employés à rendre cette toxico-thérapie médiatique plus laborieuse que prévu, cinq années se sont toutefois écoulées. Nous y avons vu passer deux gouvernements, une alternance et…et…

     Eh bien oui ! Les bourses mondiales sont aujourd’hui toujours infiniment plus vivaces que les économies réelles qui les hébergent ! « C’est pas beau ça ? Allez allez, trouver l’erreur ! »

     A ce stade, vous vous dites « y nous fait quoi là Pépère ? On se fendait presque la pêche, et v’la qui nous casse le moral avec une thèse de comptoir à la con ! »

     Revenons donc à eux, ce fléau. Car tout ce qui a failli vous filer le bourdon – non pas en trois pages comme vous alliez m’en faire le procès d’intention, mais bien sur une longue période mettant hors de cause ma responsabilité –  n’a en fait été rendu possible que par le travail acharné d’une catégorie de Sales cons faisant allégeance à un lobby de Grands cons, ceci pour embrumer une nation  de Pauvres cons. (Pour les nantis d’une mémoire déficiente ou d’un tempérament inattentif, prière de se référer à mon Lexi-con de la page 7).

    L’humour n’interdisant nullement la rigueur, conjuguons les deux pour analyser l’inénarrable connerie née des rapports d’adultère entre médias, politiques et financiers. Oui, c’est bien un ménage à trois. A quatre si vous y intégrer les cocus… mais bon.

   Je vous propose ici une méthode simple, dérivé d’un standard très utilisé dans la gestion de projet, en particulier dès lors qu’il s’agit de décortiquer une séquence de problèmes… et accessoirement d’y remédier… faut-il le préciser… because, dans l’hexagone, si notre propension à l’analyse se révèle fortement inflationniste, la synthèse des solutions réalistes qui devraient en résulter demeure quant à elle… nettement anémique. On est cons, certes, mais ça on l’avait néanmoins constaté sans assistance extérieure.

    Ah, au fait ! Vous-êtes-vous déjà exercé à établir une définition personnelle et intelligible du mot « problème » ? Pas la peine de vous lever pour prendre un dico certifié. Je l’ai fait pour vous, histoire de laminer votre optimisme en phase de réveil… parce que ça donne ceci : « Question à résoudre, point obscur que l’on se propose d’éclaircir, qui prête à discussion, dans un domaine quelconque de la connaissance » – dixit le Grand Robert. Tout un programme, hein ? « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, etc… » Pas c… le Boileau !

    Vouloir résoudre ce qu’on ne sait pas définir étant par nature très incertain, je vous cède gracieusement ma licence sur les droits d’auteur pour la définition suivante : « un problème est un écart entre une situation réelle constatée et une situation souhaitée ».

    Résoudre le problème, au moins en partie, consiste donc à réduire cet écart autant que faire se peut. Cela vaut autant dans les domaines techniques que dans le champ de la psychologie cognitive, donc aussi celui des relations humaines. A bon entendeur…

     1º. La problématique du politique vu par le politique :

     L’immuable situation souhaitée par les politiques est de garder le pouvoir pour ceux qui le détiennent déjà mais ont la trouille de le perdre, et de le gagner ou l’accroître pour les autres.

    L’indubitable situation réelle à laquelle ils sont confrontés est à ce jour devenue celle d’un déficit d’image abyssal. Quasiment tous passent pour des incompétents notoires, des menteurs invétérés ou des corrompus patentés, voire les trois à la fois.

    Nolens volens, entre ces deux situations, il existera toujours une échéance électorale qui tranchera. Suivant quels critères ?… Là, je vous proposerai plus loin un hallucinant voyage initiatique au cœur des hémisphères cérébraux d’un électeur de base. Mais, restons pour l’heure concentré sur le spécimen de l’homo-politicus.

     Pour l’essentiel de cette population, solutionner le problème consiste non pas à vouloir gagner en compétence effective, (trop impliquant et chronophage), pas plus qu’à s’affranchir du mensonge chronique, (culturel et trop réflectif), et encore moins d’abandonner toute forme de passage à la caisse, (stimulant et trop jouissif). Vous observerez au passage que, pour nous les nœuds-nœuds, être dirigé par des gens compétents, intellectuellement honnêtes, et  plutôt intègres… ben… a priori ça devrait pourtant le faire !

     Non, leur problème est d’ordre égocentrique et de nature obsessionnel : gagner cette putain d’élection !

     Sous le joug de ce narcissisme pervers, et pour sortir vainqueur d’un tel scrutin, ils se muent alors en esclave d’un marketing de soi outrancier. De la Com puante tous azimuts. Plus question de profession de foi en quête de virginité. On travestit l’image, « parce que je le vaux bien ! (Saint L’oréal)». On trompe l’électeur, « parce qu’il ne vaut rien ! (Saint Mépris) ». On tire du pognon, « parce que sans, je ne suis rien ! (Saint-Profit) ». On nique l’adversaire, « parce qu’il vaut encore moins ! (Saint-Mars) » – non, pas le chocolat ! Le Dieu de la guerre dans la mythologie romaine… Oh lala… Le serment d’hypocrite du candidat contre celui d’Hippocrate pour son psy attitré.

     Même si à ce stade du texte, encore embourbé dans la tentative d’identifier votre problème perso, vous accusez un métro de retard, il ne vous a d’ores et déjà  pas échappé que jamais votre problème ne se mutualisera avec celui du politique. (Sauf à décider de vous y lancer). Déçu(e) et agacé(e) ? Oui, je sais, mais ça ne vas pas s’arranger tout de suite.

     Alors, le marketing de soi, en quoi cela consiste-t-il dans l’arène politique ? Au plan de l’idée, il s’agit de falsifier son authenticité, ni plus, ni moins. Ceci en s’appuyant au départ sur un premier postulat médiatique et universel, selon lequel, « il vaut mieux être séduisant, riche, intelligent et en bonne santé, que laid, pauvre, crétin et malade ». Même les intégristes de la Beauté intérieure auront du mal à sabrer le concept, admettons-le. Les inégalités de droits peuvent se compenser, les inégalités de faits c’est plus complexe. Eh bien pas pour nos élus ! Ils ne reculent devant rien ! Botoxer leur propre état civil, photoshoper leurs images, farder leur patrimoine visible, évangéliser leurs discours, pactiser avec la pègre, roucouler sous les feux de la rampe avec les icônes du Bien, publier des ouvrages mégalomanes pour invertébrés, etc… Balaise et évolutif l’arsenal  du « I am the héros !… »

     Second postulat médiatique auquel nombre de stratégies en communication se réfèrent : « à l’inquiétante absence de visibilité du présent, et au sordide de son quotidien, il faut opposer la promesse d’un eldorado ensoleillé pour tous. Amen ». C’est plus joli que marmonner « demain y fera beau », non ? Dans ce domaine assez peu onirique disons-le, c’est pourtant celui ou celle qui raconte la plus belle histoire qui marque un but. Le terrain est généralement propice, car l’électorat est plus amnésique à l’Histoire qu’à l’actualité.

     Donc, vous l’avez compris, comme moi. Quand la télé vous offre un Prime-time avec une politico-belle gueule, sapé tendance mais avec une touche d’intemporel, et qui vous noie dans une poésie absconse mais si douce à entendre… vous craquez ! « Il est beau, il vous aime, et il vous a compris ce con ! »

     Mais pour transformer cet exercice de communication en vote d’adhésion, nos politiques ont besoin d’un relai opérationnel – la sphère médiatique – et de moyen financiers. Sujets que nous décaperons au prochain chapitre.

     D’ici, là, petit exercice de désintoxication à la maison. Prenez un discours politique, quel qu’il soit. Lisez-le lentement une première fois. Puis reprenez-le en le purgeant des alibis, des opinions, des préjugés, des jugements de valeur, des accusations sans preuves établies, et des prophéties invérifiables. S’il ne reste qu’articles, prépositions, et verbes intransitifs, vous venez alors de découvrir ce qu’on nomme « cosmétique de la vacuité ». 95% des diatribes politiques sont basées sur cette architecture sémantique.

A suivre…